Polinno, quézako ?

Le Polinno : un tiers-lieu dédié aux métiers d’art

Le Polinno combine plusieurs espaces :

  • Pépit’art, une pépinière d’entreprises pour accompagner les jeunes professionnels des métiers d’art en démarrage d’activité. Elle est le socle du Polinno, puisqu’elle existe depuis 2006. Actuellement composée de trois ateliers, elle sera prochainement agrandie pour accueillir trois ateliers d’art supplémentaires.
  • Un Fablab, ou atelier de fabrication numérique. Il permet aux artistes et artisans de venir réaliser des prototypes de nouvelles pièces, des éléments de décor, de scénographie, de packaging originaux et sur mesure avec des machines à commande numérique. Il est en outre ouvert à tous les publics (scolaires, jeunes, familles, retraités, entreprises etc.) pour favoriser la découverte des métiers d’art locaux et des outils numériques.
  • Une boutique collective de métiers d’art : y exposent les résident.e.s de la pépinière, mais aussi des professionnels du territoire. La boutique est ouverte à l’année et organise des temps forts (à Noël ou pour les Journées européennes des métiers d’art) et des expositions thématiques. La boutique est gérée par les résident.e.s de la pépinière.
  • Un musée numérique, appelé au « Micro-folie » : dispositif propulsé par le Ministère de la Culture, ce musée numérique est conçu comme une plateforme culturelle qui vient au plus près des habitants sur des territoire éloignés des lieux de découverte des grands chefs d’œuvres nationaux et internationaux.
  • Et dans un futur proche : un espace de coopération artistique et de formation. Les professionnels des métiers y disposeront de matériel spécifique permettant de donner des cours ou de concevoir des pièces particulières.
Tiers Lieux ardéchois, automne 2020, Alexa Brunet pour La Trame 07

A l’origine, un projet de territoire

L’Ardèche du sud est depuis plusieurs décennies un territoire naturellement attractif pour les professionnels des métiers d’art. Des grands noms parmi les verriers, céramistes, vanniers ou encore tourneurs sur bois français y ont en effet élu domicile, l’Ardèche étant pour eux un lieu de vie, d’inspiration et de création.

Fortes de la présence de ces artistes et artisans d’art, ue association de développement local, Amesud, a crée à titre expérimental une pépinière d’entreprises dédiée aux métiers d’art : Pépit’art. Deux collectivités territoriales ont à leur tour souhaité soutenir le développement de cette filière dès 2006 : la Communauté de communes du Pays Beaume-Drobie (qui réunit 19 communes des Cévennes d’Ardèche), propriétaire des murs de Pépit’art et le Pays de l’Ardèche méridionale, qui à l’époque intervenait pour le compte des 10 Communautés de communes de l’Ardèche méridionale (dont celle du Pays Beaume-Drobie) pour conduire des actions de développement territorial. A ce titre, le Pays portait un schéma de développement économique des métiers d’art et avait en charge l’animation de Pépit’art et la création du futur Polinno.

Aujourd’hui, le Polinno est porté par la Communauté de communes du Pays Beame-Drobie, en coopération avec trois autres communautés de communes : Pays des Vans en Cévennes, Gorges de l’Ardèche, et Cèze-Cévennes. Ainsi, nord-Gard et sud-Ardèche sont réunis autour du développement de la filière « métiers d’art » avec une stratégie commune de diffusion culturelle et de soutien aux créateurs.

Pour soutenir les ateliers d’art, avec les professionnels des métiers d’art

Au fil des années aux côtés des professionnels des métiers d’art, les acteurs locaux font le constat de difficultés rencontrées au sein des ateliers :

  • des coûts de production élevés dus à la transformation de matériaux souvent nobles et chers, mais aussi à des dépenses en énergie et à des déplacements importants.
  • des compétences périphériques très nombreuses et pourtant essentielles à maîtriser : la commercialisation, la gestion, la scénographie, le marketing, le packaging, l’informatique numérique etc.
  • l’apparition de nouveaux outils à commande numérique pouvant présenter des opportunités tout en bousculant les pratiques et face auxquels les professionnels ne sont pas forcément à l’aise
  • l’envie des professionnels d’aller vers plus d’interconnaissance, d’échanges et de coopération.

Face à cela, les collectivités locales ont imaginé, avec les professionnels des métiers d’art, un outil leur permettant d’innover pour dépasser les embûches du quotidien : le Polinno. Une étude de faisabilité a été réalisée dans cette optique en 2016 , suivie de préconisations en terme de contenus.

En parallèle, 5 actions de préfigurations ont été conduites pour associer les professionnels des métiers d’art au projet :

Le Polinno est ouvert à tous les publics

Le Polinno a été conçu pour répondre à des problématiques intrinsèques aux métiers d’art. Cependant, il est résolument tourné vers les savoir-faire partagés et l’accès à tous aux outils numériques. Ainsi, il est ouvert à tous les habitants, aux jeunes, aux familles, aux professionnels de tous les métiers, aux passionnés de numérique ou d’électronique, aux bricoleurs, aux établissements scolaires etc.

Sur place, chacun pourra, selon ses envies, visiter une exposition en cours, acheter un objet d’art original, voir des artisans d’art travailler dans leurs ateliers, participer à un atelier de création artistique, réparer un objet, fabriquer un prototype, construire un objet, se former à l’utilisation de machines numériques au Fablab, utiliser un bureau partagé, participer à un atelier de médiation numérique etc.

En 2024… déménagement à Joyeuse !

Des travaux d’agrandissement sont prévus depuis plusieurs années, le Polinno étant à l’étroit. La Communauté de communes ayant récemment acquis l’ancien collège de Joyeuse, il est prévu d’y transfèrer le Polinno, après des travaux de réhabilitation.

Labellisation « Manufacture de proximité« 

En 2022, le Polinno a été labellisé par l’Etat « Manufacture de proximité ». Tiers-lieux dédiés à la production, qui animent et apportent des services à une communauté professionnelle. , les Manufactures sont des ateliers de fabrication qui se destinent en priorité à des entrepreneurs (TPE, artisans…) en leur donnant accès à des machines mutualisées, un écosystème de compétences et un environnement dynamique, propice à la création et au développement de leur activité.

Cette labellisation apporte, outre un éclairage national au projet, des moyens financiers et un accompagnement complémentaires pour soutenir une phase de croissance et d’ancrage local.